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Monusco et fosses communes : l’histoire d’une “fake news” qui s’est dégonflée toute seule

Qui a voulu faire porter le chapeau des fosses communes de Kasaï aux Casques bleus de la Monusco ? Le jeudi 20 avril, dans la soirée, une vidéo est largement partagée sur les réseaux sociaux congolais. On y voit de présumés soldats onusiens en train de déposer des cadavres dans une fosse commune. Problème : cette scène ne se passe pas au Kasaï, comme certains ont voulu le faire croire.

1. D’où vient l’intox ?

Les premiers à partager cette vidéo sont les personnalités du camp du président Joseph Kabila, notamment Jean-Marie Kassamba, l’un des communicants chargés de la “visibilité” des actions du chef de l’État.

Très rapidement, certains responsables de l’appareil sécuritaire relayent la vidéo. Plus tard, l’un d’entre eux indiquera que c’est un certain Djo Kamanga, commissaire provincial de la police congolaise au Kasaï, qui a induit les autres en erreur en leur partageant cette vidéo.

2. Que voulait-on faire croire ?

Toute l’intention transparaît dans le titre qui accompagne la vidéo : “Les Nations unis (sic) complice dans les massacres du Kasaï”.

Le lien de cette intox s’accompagne d’un message et d’un appel à partager largement la “fake news”.

Problème : la vidéo en question a été publiée pour la première fois en 2012 et laissait entendre qu’il s’agissait des Casques bleus de l’Onuci en Côte d’Ivoire. Nous sommes déjà là très loin du Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo.

Plusieurs articles de l’époque renseignent que les Casques bleus de l’Onuci avaient découvert plusieurs fosses communes notamment dans la partie ouest de la Côte d’Ivoire.

La même vidéo mise en ligne en 2012 a été publiée de nouveau le 20 avril sur le compte YouTube d’une certaine Mieke Jacobs. Mais cette dernière n’a nulle part mentionné le Kasaï dans le descriptif de sa publication, se contentant d’indiquer que “les Nations unies [étaient] complices des massacres”.

La vidéo a fait plus de 20 000 vues en deux jours. Et pour couper court à toute rumeur et intox, la Monusco a fait savoir qu’elle “n’a rien à voir” avec ces images qui circulent sur la Toile.

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