Faux communiqué de la CPI


Ces derniers jours, un prétendu communiqué de la Cour Pénale Internationale (CPI) concernant un massacre à Goma a circulé sur les réseaux sociaux, créant confusion et polémique.

Le communiqué en question :

Voici le texte qui a suscité tant de réactions :

"La Cour Pénale Internationale a appris avec consternation le massacre des civils commis à Goma, faisant plus de 163 morts. Cet acte est un crime contre l'humanité commis par les militaires de la Garde Présidentielle. La CPI annonce l'ouverture d'une éventuelle enquête et ouvre un dossier judiciaire sur le régime de Félix Tshisekedi. La Haye, le 4 août 2023."

La réalité :

Suite à des vérifications auprès de sources crédibles, nous pouvons affirmer que ce communiqué est un faux. Notre équipe a contacté les services de la CPI qui confirment ne pas avoir émis un tel communiqué, en particulier en lien avec l'affaire mentionnée. Une incohérence majeure réside également dans la date de signature du prétendu communiqué, alors que les évènements y relatés se sont déroulés le 30 août.

La collaboration CPI-RDC :

Il convient de mettre en lumière les développements récents concernant la collaboration entre la CPI et la RDC :

  • Renvoi de la situation au Nord-Kivu : La RDC a officiellement sollicité la CPI pour enquêter sur les crimes commis en province du Nord-Kivu depuis le 1er janvier 2022.
  • Réponse de la CPI : Le bureau du procureur a notifié ce renvoi le 5 juin 2023. Il a informé la RDC que tous les crimes allégués, quel que soit l'auteur, seront analysés.
  • Antécédents judiciaires : Il s'agit de la seconde fois que la RDC sollicite la CPI. La première fois remonte à mars 2004, aboutissant à plusieurs poursuites.
  • Contexte : Rose Mutombo, ministre de la Justice, a déposé une plainte le 23 mai 2023 à la CPI contre la coalition M23/RDF pour crimes et pillages dans l'Est de la RDC.
  • Collaboration renforcée : Le 1er juin 2023, un memorandum of understanding (MOU) a été signé entre la RDC et la CPI.

Conclusion :

La RDC a une longue histoire de collaboration avec la CPI, centrée sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis depuis le 1er juillet 2002. Alors que l'intérêt de la Cour pour ces évènements est indéniable, il est impératif de se méfier des informations non vérifiées qui circulent sur les réseaux sociaux.