Des soldats de la MONUSCO/Ph. ACTUALITE.CD


Des manifestations pour demander le départ de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) ont refait surface. La plus récente est celle organisée le 30 août dernier à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, sous état de siège. Après l’intervention des forces de sécurité, cette manifestation a causé environ quarante décès et de nombreux blessés. Quelle est la raison de cette animosité envers la mission onusienne ? Que lui reproche-t-on concrètement ? Voici cinq points importants à connaître.

Inaction face aux groupes armés actifs : à Beni (Nord-Kivu) et Irumu (Ituri), la population accuse la Monusco de passivité face aux combattants islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF), responsables de milliers de morts civiles depuis près de dix ans. Récemment, la société civile d’Irumu a signalé une attaque majeure des ADF ayant causé plus de 20 morts.

Passivité face à l’agression rwandaise : la Monusco est également critiquée pour sa passivité face aux agressions rwandaises, notamment par le M23 à Rutshuru et dans le Grand Nord. Pour une partie de la population, si la Monusco ne peut combattre le M23, sa présence n’est plus justifiée.

Un mandat considéré comme un échec : la Monusco, arrivée en RDC en 1999 sous le nom de Monuc, est perçue comme ayant échoué à garantir la sécurité après plus de deux décennies de présence. La population souhaite désormais son départ.

Accusations de soutien aux groupes armés : une partie de la population accuse la Monusco de fournir des armes aux groupes armés, bien que ces allégations soient difficiles à confirmer.
Déni de responsabilité : la communauté reproche à la Monusco de ne pas reconnaître son inefficacité sur le terrain, rejetant souvent la faute sur l’État congolais.

Selon le Conseil de sécurité des Nations Unies, la protection des populations civiles menacées de violences physiques est la priorité absolue du mandat de la Monusco. En d’autres termes, la mission est chargée de prévenir, de dissuader et d’empêcher les groupes armés et les milices locales de commettre des violences contre la population et mener des offensives ciblées pour les neutraliser. Cependant, que se passe-t-il réellement sur le terrain ?

Des discours anti-Monusco surgissent au sein de la communauté. Par exemple, voici quelques témoignages recueillis par les équipes de Sango ya Bomoko : « S’il faut compter des morts pour que la Monusco quitte la RDC, nous sommes prêts » ; « La RDC est la terre de nos ancêtres. Nous allons chasser tous ceux qui y sont indésirables, comme la Monusco ».

Et que disent les autorités ?

Avant la dernière manifestation, le président Félix Tshisekedi avait discuté avec Bintou Keita. L’un des sujets principaux était la préparation du départ de la Monusco.

Cependant, les événements se sont précipités. Alors qu’un plan de transition avait été adopté en 2021 entre la Monusco et le gouvernement pour un « retrait progressif », Kinshasa souhaite maintenant un départ anticipé d’ici fin 2023.

Christophe Lutundula, vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, déclare : « Après tant d’années, où sont les résultats tangibles ? … L’accélération du retrait de la Monusco est une nécessité pour apaiser les tensions entre cette dernière et nos concitoyens ».

Notons que cette demande du gouvernement congolais intervient à quelques jours de la tenue de l’Assemblée générale des Nations unies.