Elections en RDC


Dans la province du Tanganyika, certaines personnes divulguent de messages selon lequel aucun candidat non originaire du territoire de Nyunzu ne devrait être élu lors des prochaines élections législatives nationale et provinciale prévues par la Commision électorale nationale indépendante (CENI) en décembre 2023.

Nyunzu est une localité chef-lieu de territoire de la province du Tanganyika.

Cette communication s’intensifie au sein de la communauté ainsi que sur les réseaux sociaux et sa viralité inquiète.

« Nous disons non aux non originaires de Nyunzu à l’élection de 2023 » est la rumeur collectée et traitée par l’équipe du bulletin Sango ya Bomoko dans la 11e édition.

Ce message fait suite à un mécontentement observé au sein de la population qui déplore le fait que des leaders locaux n’ont pas été retenus sur des listes des partis politiques au détriment de ceux qu’elle qualifie des étrangers, c’est-à-dire des candidats venus de l’extérieur du territoire de Nyunzu pour espérer se faire élire dans cette partie de la province du Tanganyika. C’est ce que fait savoir Ketila Muteni Aimée, coordonnatrice adjointe de la société civile, forces vives du Tanganyika.

« Ce qui est vrai est que la population se révolte de voir que certains leaders du territoire n’ont pas été alignés sur la liste des candidats au profit des personnes qu’ils ne voient pas sur le terrain et qu’elle considère comme des opportunistes qui viennent juste récupérer l’électorat et disparaître. C’est ainsi que la jeunesse de Nyunzu et même de Kalemie n’accepte pas cette pratique, raison pour laquelle il y a des voix qui se lèvent pour dénoncer et éveiller la conscience de la population de ne pas voter pour les “importés” », a déclaré Ketila Muteni Aimée

Mais que dit la loi par rapport à cette question, faut-il être originaire d’une entité pour postuler dans cette circonscription électorale ?

En parcourant la constitution a son article 13 de la Constitution, il est mentionné qu’« aucun Congolais ne peut, en matière d’éducation et d’accès aux fonctions publiques ni en aucune autre matière, faire l’objet d’une mesure discriminatoire, qu’elle résulte de la loi ou d’un acte de l’exécutif, en raison de sa religion, de son origine familiale, de sa condition sociale, de sa résidence, de ses opinions ou de ses convictions politiques, de son appartenance à une race, à une ethnie, à une tribu, à une minorité culturelle ou linguistique ».

Lydie Kapinga, experte en information et éducation électorale, précise que rien ne peut empêcher un citoyen congolais en ordre avec ce qu’exige la loi de postuler dans la circonscription électorale de son choix.

« Ce qui veut dire qu’originaire ou non originaire, tout Congolais qui réunit les conditions requises par la loi est libre de postuler et aussi libre d’élire la personne de son choix », a indiqué Lydie Kapinga.

L’article 10 de la loi électorale n° 22-029 du 29 juin 2022 traite des cas d’inéligibilité.