Où se trouve Ferdinand Kambere ? À cette question, les internautes ont une réponse. Depuis quelques jours, des publications largement relayées sur les réseaux sociaux affirment que ce cadre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) aurait rejoint Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, pour retrouver Joseph Kabila et rejoindre le Front pour la refondation de la nation (FRN). Mais ces allégations sont fausses. Ferdinand Kambere se trouve à Kinshasa. Dans une publication diffusée le 3 novembre 2026 sur son compte X, il a tenu à démentir ces informations, affirmant être « bel et bien » chez lui, dans la capitale congolaise.
« RDC : Ferdinand Kambere à Goma aux côtés de Joseph Kabila », affirme notamment une publication Facebook du 3 novembre 2026, qui s’interroge également sur les conditions de ce prétendu déplacement, au regard de l’interdiction de sortie du territoire qui visait l’intéressé (lien archivé ici).
Cette publication a recueilli 5 054 mentions “j’aime”, 1 934 commentaires et 78 partages. Son auteur compte plus de 913 000 abonnés au 5 novembre 2026.

Capture d’écran de la publication faisant objet de notre Fact-Check
Ces affirmations ont également circulé sur plusieurs autres comptes et plateformes numériques. On peut également les retrouver ici, ici, ici, ou encore ici. Elles ont, par ailleurs, cumulé plus de 44 000 fois sur cette publication X du 3 novembre 2026 (lien archivé ici).
Une interdiction de sortie encore en vigueur
Ce prétendu déplacement de Ferdinand Kambere soulève, d’après ces publications, des questions après son interdiction de sortie du territoire.
Pour rappel, le 10 mars 2025, la Direction générale de migration (DGM) avait adressé une instruction à ses services frontaliers concernant trois cadres du PPRD : Ferdinand Kambere, Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku (lien archivé ici). Cette directive faisait suite à leur audition par l’Auditorat militaire supérieur et leur imposait une interdiction de sortie du territoire national.
Dans cette correspondance, la DGM demandait à ses services de procéder à l’interpellation de toute personne concernée qui serait repérée à un poste frontalier, avant de solliciter les instructions de leur hiérarchie.
Cette mesure soumettait ainsi les éventuels déplacements de Ferdinand Kambere hors du territoire national à un contrôle particulier.

Correspondance de la DGM du 10 mars 2025
Cette vague de rumeurs intervient dans un contexte marqué par la visite de James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), à Goma, le 3 novembre 2026. À cette occasion, il a rencontré les responsables du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila Kabange.
Dans ce contexte, Ferdinand Kambere a réagi à cette rencontre en souhaitant la bienvenue au responsable onusien dans la province du Nord-Kivu.
« Bienvenue au Chef de la MONUSCO, dans la Province du Nord-Kivu, Province de relance du combat pour la fin de la tyrannie, Province pour l’espoir de paix et de la sauvegarde du régime constitutionnel démocratique conformément à l’article 64 de la Constitution ! », a-t-il écrit sur son compte X (lien archivé ici).

Capture d’écran réalisé par Lokuta Mabe le 5 novembre 2026
« Je suis bel et bien chez moi à Kinshasa »
Face à la montée de ces rumeurs, Ferdinand Kambere a réagi sur son compte X. Il dénonce des publications qui tenteraient de le « confondre » avec James Swan et de faire croire, « de mauvaise foi », à sa présence à Goma. Selon lui, cette campagne viserait manifestement à le « dissuader » de poursuivre son combat pour la démocratie et le retour de la paix en RDC (lien archivé ici).
« Peine perdue ! Mon engagement pour la démocratie, la liberté et la restauration de la paix en RDC ne dépend ni de vos insinuations ni de vos tentatives d’intimidation. Au lieu de chercher à détourner l’attention de l’essentiel, convertissez-vous plutôt ! L’heure n’est plus à la manipulation, mais à la vérité, à la responsabilité et à la restauration de l’État de droit. La démocratie ne se combat pas par la calomnie, et la paix ne se construit pas par l’intimidation. PPRD VIVA ! », a-t-il écrit.
Intervenant le 3 novembre 2026 dans un Space live organisé conjointement par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala et ACTUALITÉ.CD sur X, le cadre du PPRD a formellement démenti avoir rejoint Goma, ville sous contrôle du FRN. « Je suis bel et bien à Kinshasa », a-t-il assuré (lien archivé ici).
Il a également dénoncé des « affabulations » qu’il attribue à certains acteurs présents sur les réseaux sociaux, les accusant de vouloir intimider les opposants politiques. « Nous avons quand même des familles. Nous avons aussi des enfants dans les écoles », a-t-il protesté.
Ferdinand Kambere a, par ailleurs, plaidé pour une décrispation du climat politique et une ouverture de l’espace démocratique en RDC. Évoquant les mesures prises à l’encontre du PPRD, parti de Joseph Kabila désormais dissous, il les a qualifiées d’« irrégulières » et de « cavalières ». Il affirme poursuivre ses recherches doctorales à Kinshasa et se dit disposé à répondre aux invitations des médias.
James Swan rencontre les dirigeants du FRN
Le chef de la MONUSCO, James Swan, s’est rendu à Goma, le 3 novembre 2026, où il a rencontré les dirigeants du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président congolais Joseph Kabila.
Les échanges ont notamment porté sur les processus de paix, le respect du cessez-le-feu et la recherche d’une solution pacifique au conflit dans l’est de la République démocratique du Congo. À cette occasion, James Swan a insisté sur « l’importance des processus de paix, du respect du cessez-le-feu et de la recherche d’une solution pacifique au conflit ».
De leur côté, les responsables du FRN ont affirmé leur volonté de respecter les engagements pris à Doha par l’AFC/M23, dont le mouvement se présente comme l’héritier. Ils ont toutefois prévenu que ces engagements deviendraient caducs en cas de changement de la Constitution. Bertrand Bisimwa a également déclaré que le mouvement répondrait aux attaques qu’il attribuerait aux forces gouvernementales.
La question du renouvellement du mandat de la MONUSCO a également été abordée. Les responsables du FRN ont exprimé leur opposition à cette perspective, qualifiant le bilan de la mission onusienne d’« échec total ». Ils ont néanmoins marqué leur accord pour un appui logistique de la MONUSCO aux mécanismes de vérification du cessez-le-feu, tout en rejetant le redéploiement des Casques bleus dans la province du Sud-Kivu.
James Mutuba