Comme aux mois d’août et septembre 2022, plusieurs rumeurs ont aussi été enregistrées au mois d’octobre autour du processus électoral en cours en République Démocratique du Congo. Elles ont principalement été récoltées dans des plates-formes numériques telles que Facebook, Whatsapp ou encore Twitter.
Dans cet article, Kinshasa News Lab, nouveau programme éditorial de Next Corp., société éditrice des médias numériques dont ACTUALITE.CD, DESKECO.COM et DESKNATURE.COM, vous propose une analyse contextuelle sur certaines d’entre-elles.
Une des rumeurs propagées stipule notamment que « C’est ici qu’il y aura de la tricherie avec les Congolais de l’étranger. On peut même entendre 8 ou 10 millions de Congolais ».
Une autre l’est similaire et renseigne que « Les pays choisis pour le vote des Congolais de l’étranger sont la zone où UDPS a des représentants. Vous allez forcer l’électorat partout. Sachant qu’au pays vous n’avez pas à dire aux gens, au moins là-bas vous allez piller la République ensemble ».
Analyse
Il est vrai qu’en prévision des prochaines élections, prévues en 2023, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a affirmé sa volonté d’organiser une phase pilote du vote de la diaspora en ciblant quelques pays. Et ce sera une première dans le pays.
« Le vote des Congolais de l’étranger est constitutionnel. Le président de la CENI n’a pas décidé sur la participation des Congolais de l’étranger aux élections. Il a juste matérialisé ce que dit la loi. Les Congolais de la diaspora détiennent les mêmes droits que ceux qui vivent en RDC », note Nestor Maroyi, responsable de l’éducation civique et électorale à la CENI.
Pour Jean Baptiste Itipo, Directeur de communication à la CENI, « depuis 2006, la loi portant identification et enrôlement des électeurs en RDC a prévu l’enrôlement des Congolais résidant à l’étranger. Respecter et appliquer cette disposition de la loi, c’est simplement faire justice aux congolais de la diaspora ».
François Isefale du secrétariat exécutif provincial de la CENI à Kinshasa fait savoir, quant à lui, que « Pendant les trois premiers cycles électoraux, si les Congolais de la diaspora n’ont pas voté, c’est aussi une question de volonté politique des anciens dirigeants. Il n’y a pas de tricherie là-dessus. L’élection se passera dans les mêmes conditions qu’au Congo ».
En 2018, cette étape a été élaguée lorsque la CENI avait obtenu, de l’Assemblée nationale, le vote de deux propositions de loi modifiant et complétant respectivement la loi électorale et celle portant sur l’identification et l’enrôlement des Congolais de l’étranger.
Cette opération, à en croire la CENI, a été jugée, par le passé, fastidieuse, difficile à organiser et susceptible d’encourager le glissement du calendrier électoral étant donné qu’il ne s’agit pas que du vote, mais de tout le processus : déploiement des matériels, enrôlement des électeurs, etc.
Choix des pays concernés pour la phase pilote
La CENI a porté son choix sur cinq pays pour organiser cette phase pilote : la Belgique, la France, les États-Unis, le Canada et l’Afrique du Sud pour le vote des Congolais de la diaspora. Les critères de sélection, selon la CENI, c’est notamment « être bien organisés et ne pas demander une logistique fastidieuse ou encore ne pas être frontaliers à la RDC ».
« Nous allons élargir cet exercice dans tous les pays où la RDC a une représentation », avait déclaré Denis Kadima, président de la CENI, au cours d’une matinée d’information électorale, organisée le 12 août dernier, par l’ONG Ligue des femmes congolaises pour les élections (LIFCE) à Kinshasa.
Sécurisation du processus
Les artistes musiciens congolais rencontrent des difficultés pour organiser des concerts en Europe ces dernières années à cause des manifestants auto-dénommés « combattants » qui sèment des troubles pour empêcher ces évènements musicaux.
En 2020, des opposants politiques ont mis le feu à des véhicules aux abords de la gare de Lyon à Paris en France, pour protester contre la tenue du concert à Paris d’une star congolaise, accusée d’être trop proche de l’ex-président de la République et de son successeur. Le concert avait eu lieu et la préfecture de police avait placé le concert sous haute surveillance, en interdisant plusieurs manifestations prévues par ces opposants.
Mais, du côté de la CENI, on rassure.
« En ce qui concerne la sécurisation des opérations au niveau des Congolais de l’étranger, il faut souligner d’abord que l’enrôlement et le vote se passent dans des maisons diplomatiques c’est-à-dire dans les ambassades du Congo accréditées à l’étranger ou des consulats. Les services de sécurité des pays dans lesquels les Congolais vivent sont tenus de porter assistance à la sécurisation du processus selon un mécanisme qui va être contracté entre la CENI et les organes de sécurité de ces pays-là. C’est ce que la CENI prévoit et c’est ce qui doit être fait avec la facilitation de nos ambassadeurs qui sont accrédités », a déclaré Nestor Maroyi, précisant aussi que la CENI avance dans l’organisation de ces opérations d’enrôlement des Congolais de l’Etranger.