Comme aux mois d’août, septembre et octobre, plusieurs rumeurs ont aussi été enregistrées au cours du mois de novembre 2022 autour du processus électoral en cours en République Démocratique du Congo. Elles ont principalement été récoltées dans des plates-formes numériques telles que Facebook, Whatsapp ou encore Twitter.
Dans cet article, Kinshasa News Lab, nouveau programme éditorial de Next Corp., société éditrice des médias numériques dont ACTUALITE.CD, DESKECO.COM et DESKNATURE.COM, vous propose une analyse contextuelle sur certaines d’entre-elles.
Une des rumeurs propagées renseigne ce qui suit : « Depuis quand l’enrôlement dans ce pays a eu lieu dans quelques provinces et d’autres non ? C’est une stratégie de glissement du régime en place ».
Analyse
D’emblée, il sied de signaler que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’a exclu aucune province … du moins jusqu’ici en prévision des opérations d’enrôlement qui démarrent au courant de ce mois de décembre 2022. Mais il est vrai que ces opérations n’auront pas lieu simultanément sur l’ensemble de la République.
La CENI a annoncé que cette opération va se dérouler par aires (zones) opérationnelles. Ce sera les unes après les autres (aires opérationnelles 1, 2 et 3).
Lors d’un récent séjour à Séoul (Corée du Sud) pour superviser la production à grande échelle des kits d’enrôlement, Denis Kadima, avait signifié que le go sera donné avec les provinces de la première aire opérationnelle qui comprend les provinces de Kinshasa, Kongo Central, Kwango, Kwilu, Maï-Ndombe, Équateur, Nord-Ubangi, Sud-Ubangi et Tshuapa. La dernière province, la Mongala devra patienter. Dans le calendrier électoral, la date du 24 décembre 2022 a été décidée pour cette aire opérationnelle.
Pour la centrale électorale, cette façon de faire consiste en une stratégie qui lui permettra de contrôler efficacement ces opérations et aussi de rectifier d’éventuelles erreurs qui seront constatées çà et là.
« Déjà lorsqu’on fait un test grandeur nature, on a la chance d’observer les avancées à un endroit ou à un autre, les obstacles surmontés, et les possibilités d’amélioration. C’est pourquoi pour la révision du fichier électoral, au lieu de prendre toute la RDC, la CENI entame les opérations en ciblant les aires opérationnelles. C’est une stratégie pour rendre efficace les opérations et parvenir à constater les erreurs qu’on peut constater çà et là. Ce n’est pas une planification de la tricherie. Quand on termine une aire opérationnelle, on peut aller dans une autre (…) », a dit, à ACTUALITE.CD, Nestor Maroyi, responsable d’éducation civique et électorale à la CENI.
Et de marteler :
« Il est difficile de tenir une opération électorale dans un endroit où il y a la guerre ou l’insécurité (…). L’éclatement des opérations électorales en aire opérationnelle est une mesure qui permet à la CENI de contrôler efficacement l’opération, de corriger les erreurs et de répondre efficacement au redressement de tout ce qui n’est pas bien fait ».
Il est à noter que l’enrôlement dans la deuxième aire opérationnelle ira du 25 janvier au 23 février 2023. Les provinces concernées sont : Kasaï, Kasaï central, Kasaï Oriental, Lomami, Sankuru, Haut Lomami, Haut Katanga, Lualaba et Tanganyika. Il y a aussi (Afrique du sud, Belgique et France).
Enfin, du 16 février au 17 mars 2023, ce sera le tour de la troisième aire opérationnelle, qui concerne les provinces suivantes : Bas-Uélé, haut Uélé, Ituri Tshopo, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Maniema, Canada et Etats-Unis .