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A travers ces analyses contextuelles, Kinshasa News Lab apporte des réponses à la deuxième série de rumeurs autour des élections de décembre 2023 propagées dans les réseaux et médias sociaux au cours du mois d’août 2022.

Rumeur 1 : Felix Tshisekedi conscient de son échec sur la gestion de la RDC, compte placer ses frères Luba selon lui pour tricher les élections de 2023. En réalité, il n’y a pas de tribaliste que Tshisekedi. Peuple congolais, réveillons-nous.

A ce jour, il n’y a rien de tel s’il faut voir la configuration de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’organe qui gère le processus électoral en RDC.

L’équipe actuelle, dirigée par Dénis Kadima, a été mise en place conformément à l’article 10 de la loi du 20 juillet 2021 portant organisation et fonctionnement de la CENI.

Ledit article stipule que la CENI est composée de quinze membres désignés par les forces politiques représentées à l’Assemblée nationale et la société civile à raison de : six par la majorité ; quatre par l’opposition ; cinq par la société civile dont deux par les confessions religieuses, deux par les organisations spécialisées en matière électorale et un par les organisations féminines de défense des droits de la femme. La composition de la CENI tient compte de la représentation équitable des femmes et des jeunes. Aucune province ne peut compter plus d’un membre au sein de la CENI.

Le président de la République étant du Kasaï-Oriental, n’a qu’un seul membre de la CENI sur quinze qui est originaire de la même province que lui. En sus, les décisions à la CENI sont prises de manière collégiale par la plénière qui regroupe tous les quinze membres.

Rumeur 2 : Si on était dans un pays sérieux on reporterait les élections de 2023 car nous risquons de perdre de millions pour un vote dont le vainqueur est déjà connu. Mr Félix Tshisekedi remportera la chose haut la main 73%.

La constitution de la République Démocratique du Congo, en son article 70, déclare que le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Ceci renvoi à dire qu’un Chef de l’Etat ne peut l’être sans passer par les élections.  

L’affirmation est à classer dans le rang du pessimisme qui se vit dans la population congolaise à l’égard des élections, vu les expériences passées où les élections présidentielles ont, à chaque fois, donné lieu à des contestations. 

Pour faire face à ce problème, la nouvelle équipe de la CENI affirme organiser les élections en toute transparence et surtout de publier les résultats bureau de vote par bureau de vote comme le recommande la loi électorale révisée cette année. 

Rumeur 3 : Je comprends maintenant que la guerre de l’est est provoquée par béton (Ndlr Félix Tshisekedi), pour empêcher les élections de 2023.

La partie est de la RDC est en guerre depuis des décennies. Toutefois, cela n’a jamais impacté les trois premiers cycles électoraux en 2006, 2011 et 2018. Mais également, il n’est pas interdit à la CENI d’organiser les élections pendant qu’une partie du pays est en proie à l’insécurité. En 2018, par exemple, les populations de Butembo et Beni (Nord-Kivu) ainsi que Yumbi (Maï-Ndombe) n’ont pas voté à la présidentielle suite respectivement à l’épidémie d’Ebola et au conflit interethnique.

La situation sécuritaire dans la partie orientale de la RDC est au cœur du débat à l’heure actuelle. Depuis la prise de la cité frontalière de Bunagana (Nord-Kivu) par les rebelles du M23, le chef de l’Etat a nommément cité le Rwanda comme instigateur de cette guerre imposée à la RDC. Plusieurs réunions sont organisées sous la médiation du président angolais pour arriver à mettre fin à cette situation déplorable.

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