Des propos attestant que l'opposant Delly Sesanga annonce son soutien en faveur de la révision de la constitution de la RDC et non le changement, et que selon lui, environ 50 dispositions sont à retoucher ipso facto circulent sur Internet depuis le 5 décembre 2024. Ces affirmations sont fabriquées.
Ces internautes affirment que Delly Sesanga est pour la révision de la constitution de la RDC et que 50 dispositions sont à retoucher ipso facto d'après lui, et qui est prêt à faire partie de la commission que mettra en place le président Félix Tshisekedi en 2025 pour réfléchir sur la constitution, qu'il se vante d'être le parrain de cette démarche depuis quelques années, qu'il vient en renfort du camp de ceux qui militent pour le changement de la constitution laissée par l'ancien président Joseph Kabila.
Ces allégations sont devenues virales sur Internet en touchant plus de 657 000 internautes en date du 16 décembre 2024.
« Revirement à 180 degré : président du Parti ENVOL, Delly Sesanga, annonce qu'il soutient la révision de la constitution et non son changement. Selon lui près de 50 dispositions sont à retoucher ipso facto. Il se dit prêt à faire partie de la commission que mettra en place le président de la République en 2025 pour réfléchir afin de donner au peuple une constitution impeccable et confortable. Il se vante même d'être le parrain de cette démarche depuis quelques années. Ainsi avec cette déclaration, cet opposant farouche au Président Tshisekedi vient renforcer le camp de ceux qui militent pour la changement de la constitution laissée par Joseph Kabila ».
Delly Sesanga n'a pas affirmé être d'accord avec la révision de la constitution de la RDC
Pour vérifier ces affirmations, nous avons copié les propos faisant l'objet de notre recherche et nous les avons placés entre les guillemets sur le moteur de recherche Google afin de savoir si ces propos sont repris quelque part sur Internet.
Aucun média congolais ou international n'a partagé ces propos. Nous avons retrouvé des affirmations similaires sur un site Internet dénommé Sasa Studio qui se présente comme une agence spécialisée dans la production audiovisuelle et événementielle basée à Kinshasa.
Ce site a publié un article le 6 décembre 2024 dans lequel il rapporte que Delly Sesanga plaide pour une révision ciblée de la constitution de la RDC.
« Dans des déclarations relayées par plusieurs médias, dont B-One, il a clairement affirmé qu’il ne soutient pas un changement total du texte fondamental, mais plutôt une révision ciblée de près de 50 dispositions jugées urgentes », peut-on lire sur ce site Internet.
Nous avons trouvé une capture d'écran d'un prétendu tweet du média congolais B-One Télévision où nous pouvons lire que Delly Sesanga soutient la révision de la constitution plutôt qu'un changement complet et qu'environ 50 dispositions nécessitent une révision urgente, selon lui.
Nous nous sommes rendus sur le compte X de B-One Télévision et nous n'avons pas retrouvé ce tweet.
Nous avons ensuite effectué une recherche inversée d'image de la capture de la publication qui a fait l'objet de notre enquête.
Nous avons trouvé une publication du 5 décembre 2024 sur le compte X du candidat président Delly Sesanga lors de dernières élections en RDC qui a attesté que ces propos sont fabriqués. Lui-même Delly Sesanga l'a retweeté sur son compte X.
Pas de révision de la Constitution pour l'opposant Delly Sesanga
Le président du parti politique Envol, Delly Sesanga, rejette « fermement » toute possibilité de révision de la Constitution pouvant permettre au président congolais Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, rapporte mediacongo. net dans article du 15 novembre 2024.
« Dans une déclaration récente, Sesanga a réaffirmé son opposition à toute modification de la loi fondamentale du pays, affirmant que ''il n’y aura pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi, jamais" », peut-on lire sur mediacongo.net.
Après la lecture de la déclaration finale de la plateforme « contre le changement de la constitution et un troisième mandat au Président Félix Tshisekedi » dont le parti Envol est membre signataire, Delly Sesanga a déclaré que l'article 220 de la Constitution qui ne doit être touché, « incarne le compromis de la lutte politique et démocratique en RDC », ce que rapporte actualite.cd le 10 novembre 2024.
« La forme républicaine de l'Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l'indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle. Est formellement interdite toute révision constitutionnelle ayant pour objet ou pour effet de réduire les droits et libertés de la personne, ou de réduire les prérogatives des provinces et des entités territoriales décentralisées », peut-on lire dans l’article 220 de la Constitution de la RDC.
Récente interpellation de Delly Sesanga liée à la lutte contre la révision de la Constitution
Le parti politique Envol a dénoncé l’interpellation « brutale » de son président national Delly Sesanga jeudi à 14 novembre à Kinshasa par la Police nationale congolaise (PNC). C’était au cours d’une activité de sensibilisation de la population contre la révision ou le changement de la constitution, rapporte un article de Radio Okapi publié le même jour.
« Nous sommes étonnés aujourd’hui de constater que dire non au changement de la constitution est devenu une infraction ; jusqu’à pousser à une arrestation brutale, une répression inédite contre le président national d’Envol, Delly Sesanga », a déploré Rodrigue Ramazani, secrétaire général de l’Envol, cité par Radio Okapi.
Delly Sesanga a été libéré le même jeudi après plus d’une heure d’interpellation par la police à Kinshasa, rapporte actualite.cd.
Le président Félix Tshisekedi a condamné la brutalité avec laquelle Delly Sesanga a été interpellé lors de la même manifestation, ce qu’on peut lire dans le compte-rendu du conseil des ministres du 15 novembre 2024.
Résumé
Les affirmations selon lesquelles Delly Sesanga annonce son soutien à la révision de la Constitution de la RDC et que selon lui environ 50 dispositions sont à retoucher ipso facto sont fausses.
Faux
Christian Malele