Plusieurs rumeurs autour du processus électoral en République Démocratique du Congo ont été enregistrées au cours de ce mois de février 2023, qui s’achève,. Elles ont principalement été collectées dans des plates-formes numériques telles que Facebook, Whatsapp ou encore Twitter.
Kinshasa News Lab, programme éditorial de Next Corp., société éditrice des médias numériques dont ACTUALITE.CD, DESKECO.COM et DESKNATURE.COM, vous propose une analyse contextuelle sur l’une d’entre-elles : « Il paraît que les agents de la CENI travaillent gratuitement et c’est pour cette raison qu’ils font la corruption ».
Analyse
Dire que les agents électoraux s’adonnent à la corruption parce qu’ils travaillent gratuitement, c’est faux. Les membres des centres d’inscriptions des électeurs, à l’issue de leur recrutement, signent un contrat avec la CENI. Dans ce document, il est fait mention d’une rémunération mensuelle durant toute l’opération. En cas de prorogation, la CENI s’engage à payer de nouveau au prorata de jours de plus du travail. Ce paiement se fait physiquement au lieu de la prestation.
Interrogé, Nestor Maroyi, chargé de la sensibilisation et d’éducation civique électorale à la CENI, indique qu’à ce jour, la centrale électorale a déjà activé le processus de paie pour les agents électoraux sur l’ensemble du territoire national. « La CENI a déclenché le processus de paiement des membres des centres d’inscription sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo. Plusieurs agents de paie affectés pour cette tâche ont été déployés (…) », a-t-il affirmé.
La question de la corruption est un phénomène de société. Le monnayage de service est ancré dans la mentalité collective des Congolais. Pour barrer la route à cette pratique qui se transforme en une règle, la présidence a créé l’agence pour la prévention et lutte contre la corruption (APLC).
La centrale électorale a, de son côté, mis à la disposition de la population des numéros verts (+243 819561641; +243 847680466 ; +243 977316978) pour dénoncer tout acte de corruption et monnayage de l’enrôlement des électeurs.
Il faut noter aussi que le secrétariat exécutif provincial de la CENI au Nord-Kivu a annoncé, mardi 21 février, le licenciement de ses deux agents travaillant dans un centre d’identification et d’enrôlement des électeurs à Goma pour monnayage de service. L’un des agents est un chef de centre érigé à l’école primaire Mont Carmel. En plus de leur renvoi, la CENI affirme les avoir mis à la disposition de la police.