Plusieurs rumeurs et préoccupations sont enregistrées en ce mois de mars 2023 autour du processus électoral en République Démocratique du Congo. Elles sont principalement collectées dans des plates-formes numériques telles que Facebook, Whatsapp ou encore Twitter.
Comme lors des mois précédents, Kinshasa News Lab, programme éditorial de Next Corp., société éditrice des médias numériques dont ACTUALITE.CD, DESKECO.COM et DESKNATURE.COM, vous propose une analyse contextuelle sur l’une d’entre-elles : « Avec toutes les données biométriques que vous collectez, comment les gens s’inscrivent plus d’une fois avec les mêmes données pourtant uniques ? Ce n’est pas possible de détecter les doublons ? ».
Analyse
Plusieurs cas d’enregistrement multiple sont signalés depuis le début des opérations d’enrôlement des électeurs en RDC, à travers les trois (3) aires opérationnelles mises en place. La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a même communiqué sur l’un des cas, annonçant non seulement l’avoir détecté, mais aussi traduit en justice les propres agents, réfractaires, à l’origine du forfait.
La population se pose alors la question de savoir, si avec toutes données biométriques notamment (empreinte, iris, etc.) recueillies sur une personne au moment de son enrôlement, il n’est pas possible d’éviter ou encore détecter les doublons ?
A en croire la CENI, la réponse à cette question est « Oui ». Il est possible de détecter les doublons. Mais, poursuit la centrale électorale, cette opération n’est possible qu’à la fin de l’ensemble du processus.
En effet, la CENI n’utilise pas un dispositif centralisé d’enregistrement des personnes enrôlées pour diverses raisons, notamment « le faible taux de pénétration d’internet dans notre pays, le manque d’infrastructures Internet adéquates et le sous-développement de nos milieux ruraux ».
De ce fait, chaque kit d’enrôlement ne détient que les informations qu’il a stockées. À la fin de l’opération, chaque antenne de la CENI compile les données reçues au quotidien depuis les centres d’enrôlement pour remonter au niveau du centre national de transmission situé à Kinshasa. C’est ce dernier qui, à son tour, élague les doublons pour fournir un fichier assaini et fiable qui va constituer le fichier électoral d’où sortira les listes des électeurs.
« Tous les traitements de nettoyage se font après centralisation. Donc vous pouvez vous enrôler plusieurs fois, mais après vérification, la CENI va vous traquer et vous radier. Idem pour les mineurs enrôlés, grâce aux photos. Le système de nettoyage s’avère très efficace, il a fait ses preuves », précise Yves Kota, directeur chargé de l’informatique de la CENI.
Il est à indiquer que seuls les électeurs validés dans le fichier final auront droit au vote. Ceci revient à dire que même en ayant obtenu plusieurs cartes d’électeurs, une seule sera retenue dans le fichier et vous n’aurez droit qu’à une seule voix, car vous n’allez apparaître qu’une fois sur la liste des électeurs.