Des publications partagées sur le réseau X affirment que des militaires français aperçus à Kisangani seraient des « mercenaires » impliqués dans le pilotage de drones militaires. Ces messages circulent après les attaques de drones contre l’aéroport de Bangoka, revendiquées début février par l’AFC/M23.
#RDC: 🛑‼️🚨Facts | des militaires français aperçus à #Kisangani. pic.twitter.com/tu0KK2eMQg
— Steve Wembi (@wembi_steve) February 15, 2026
Les éléments disponibles ne permettent pas d’établir ce lien.
Les attaques de drones
Les 31 janvier et 1er février 2026, l’aéroport de Bangoka à Kisangani a été visé par des attaques de drones.
Les autorités provinciales ont accusé l’AFC/M23 d’en être responsable.
Dans un communiqué publié dans la nuit du 3 au 4 février, l’AFC/M23 a revendiqué l’opération, affirmant avoir ciblé un centre de commandement de drones militaires installé à l’aéroport. Le mouvement rebelle évoque également le recours aux « mercenaires », sans mentionner de nationalité.
Ce que montrent les images
Les photos diffusées en ligne montrent des hommes en uniforme militaire portant un écusson tricolore français, dans un environnement urbain à Kisangani.
Les images ne montrent ni drones, ni équipement de pilotage, ni centre de commandement, ni activité militaire en cours.
Elles attestent d’une présence de militaires français dans la ville, sans préciser le cadre de cette présence.
La position officielle
L’Ambassade de France en RDC indique que l’armée française conduit régulièrement des formations en RDC à la demande des autorités congolaises, dans le cadre d’une coopération bilatérale.
Selon les autorités françaises, la présence à Kisangani s’inscrit dans la régénération d’un bataillon formé par la France en 2022. Les FARDC ont déjà bénéficié de formations françaises, notamment les bataillons jungle.
Ces activités relèvent d’un partenariat sécuritaire officiellement communiqué.
Ce qui n’est pas établi
Aucune preuve ne relie les militaires français visibles sur les images aux attaques de drones revendiquées par l’AFC/M23.
Aucun élément vérifiable ne démontre qu’ils pilotent des drones ou qu’ils agissent comme mercenaires.
Conclusion
Les images diffusées en ligne confirment la présence de militaires français à Kisangani.
Selon l’Ambassade de France en RDC, ces militaires ne sont pas engagés dans des opérations de combat. Leur présence relève d’une mission de formation conduite à la demande des autorités congolaises, dans le cadre de la coopération militaire bilatérale entre la France et la RDC.
D’après les autorités françaises, cette mission vise la régénération d’un bataillon des FARDC formé par la France en 2022, dans la continuité des programmes d’instruction déjà menés, notamment pour les « bataillons jungle ».
Aucun élément disponible ne permet d’établir que ces militaires participent au pilotage de drones ou agissent comme mercenaires. Leur mandat, tel que présenté officiellement, est limité à des activités de formation et d’instruction des forces armées congolaises